Poesie
Posté le 24.08.2008 par capharnaum
L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Beaudelaire
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Posté le 13.03.2008 par capharnaum
L'air est si chaud que la cigale,
La pauvre cigale frugale
Qui se régale de chansons,
Ne fait plus entendre les sons
De sa chansonnette inégale;
Et,rêvant qu'elle agite encor
Ses petits tambourins de fée,
Sur l'écorce des pins,chauffée,
Où pleure une résine d'or,
Ivre de soleil,elle dort.
PAUL Arène.
Posté le 07.03.2008 par capharnaum
Un jour mon beau soleil mirait sa tresse blonde
Aux rais du grand Soleil qui n'a point de pareil;
Le grand Soleil aussi mirait son teint vermeil
Au rai de mon Soleil que nul rais ne seconde.
Mon Soleil au Soleil était Soleil et onde
Le grand Soleil était son onde et son Soleil;
Le Soleil se disait le Soleil non pareil,
Mon Soleil se disait le seul Soleil du monde.
Soleil ardents,laissez ces bruits contentieux;
L'un est Soleil en terre et l'autre luit aux cieux;
L'un est Soleil des corps,l'autre Soleil de l'âme.
Mais si vous débattez,Soleils,qui de vous deux
Est Soleil plus luisant et plus puissant de feux,
Soleil,tes jours sont nuits comparés à ma dame.
Abraham de Vermeil
Posté le 18.02.2008 par capharnaum
Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le dise
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez
Auteur:Alphonse ALLAIS
Posté le 21.01.2008 par capharnaum
Il pleut sur la mer,lentement:
La mer crépite sous la pluie;
Le ciel gris tombe en s'endormant
Vers la mer grise qui s'ennuie
Edmond Haraucourt
Posté le 07.01.2008 par capharnaum
A pas lents et suivis du chien de la maison
Nous refaisons la route à présent trop connue.
Un pâle automne saigne au fond de l'avenue,
Et des femmes en deuil passent à l'horizon.
Comme dans un préau d'hospice ou de prison,
L'air est calme et d'une tristesse contenue ;
Et chaque feuille d'or tombe, l'heure venue,
Ainsi qu'un souvenir, lente, sur le gazon.
Le Silence entre nous marche... Coeurs de mensonges,
Chacun, las du voyage, et mûr pour d'autres songes,
Rêve égoïstement de retourner au port.
Mais les bois ont, ce soir, tant de mélancolie
Que notre coeur s'émeut à son tour et s'oublie
A parler du passé, sous le ciel qui s'endort,
Doucement, à mi-voix, comme d'un enfant mort..
Albert Samain.
Recueil:au jardin de l'infante
Posté le 03.12.2007 par capharnaum
Que j'aimerais chanter,
Longtemps,toujours encore!
Au lever de l'aurore
Aller me promener
Dans les champs et les bois
Au jour ensoleillé,
Ravie comme autrefois
J'admirais la nature
Enchanteuse et belle,
Ecoutant la voix pure,
De son âme immortelle,
Lorsque le vent soufflait,
Comme une mélodie,
De quelle grandeur vibrait,
La forêt si jolie,
Le doux chant des oiseaux,
Exaltait mon esprit,
S'élevant tout là haut,
Vers le dieu Harmonie,
Je me prends à rêver
A ces instants si beaux,
Qui m'ont souvent bercé,
Sous les tendres rameaux.
Posté le 03.12.2007 par capharnaum
Sinueux et limpide,
Tourmentés,parfois rapide,
Tu t'attardes,tu surgis,
Un bras coquin te suffit,
Pour prendre la place dans le tournant,
De l'onde vibrant subrepticement,
Tu t'aperçois que le retard du temps,
Aurait fait de toi un égarement,
Doux,magique,tu es,
Tu coules dynamique échevelé,
Furieux,tu vomis,tu exploses,
Tu ne laisses pas de poses,
A qui voudrait te dompter,
Petit ruisseau liberté.
Posté le 03.12.2007 par capharnaum
Ligne continuelle et sinueuse
Sur le coté se mêle rocaille et schiste
La beauté vallonnée du site
Rivalise et contredit le milieu
Les genêts,sentent le parfum de l'aurore
Les oiseaux,s'ébrouent sur leur sort
Fumée soudain étirée
Sur l'horizon à peine moiré
Le jour,se lève dans la brume épaisse
Les moutons de la nuit paissent
Un virage soudain survint
Mon regard embué s'éteint
Dans un frisson,je me tins
A la rambarde de mon pick-up.